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Le CBD peut-il aider les chiens souffrant de crises d’épilepsie et d’anxiété ?

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L’ajout de cannabidiol au traitement de l’épilepsie d’un chien pourrait-il aider à agir à la fois sur les crises et sur l’anxiété ? Pour les familles confrontées à des épisodes imprévisibles, la question ne se limite pas à la fréquence des crises. Le temps de récupération, la détresse émotionnelle et la capacité à profiter des activités ordinaires comptent aussi.

Un cas clinique publié dans Heliyon examine cette possibilité chez un chien dont l’épilepsie restait mal contrôlée malgré deux médicaments antiépileptiques.1 Après l’ajout de cannabidiol, ou CBD, par les vétérinaires, les propriétaires ont signalé un espacement des crises, une récupération plus rapide et une amélioration de l’anxiété situationnelle au cours des 18 mois de suivi.

Les résultats sont encourageants, mais leur intérêt tient aux questions qu’ils permettent de préciser. Un seul chien ne permet pas d’établir si le CBD procure ces bienfaits de manière fiable. Ce cas montre toutefois pourquoi les recherches futures devraient évaluer l’expérience globale de l’épilepsie, y compris ce qui se passe entre les crises.

Pourquoi le CBD est étudié dans le traitement de l’épilepsie canine

L’épilepsie se caractérise par des crises récurrentes associées à une activité électrique anormale dans le cerveau. Le terme « idiopathique » désigne les cas sans cause structurelle identifiée, parfois liés à une origine génétique présumée. Le terme « réfractaire » signifie que les crises restent insuffisamment contrôlées malgré le traitement.

Le CBD est un composé dérivé du cannabis dont les effets sur l’activité épileptique font l’objet de recherches. La question centrale en médecine vétérinaire est de savoir si son ajout à un traitement existant apporte des améliorations significatives sans entraîner d’effets indésirables inacceptables.

Les recherches menées chez l’humain justifient de poursuivre les investigations, mais les chiens doivent faire l’objet d’études spécifiques. Les résultats peuvent varier selon l’espèce, les formulations et les médicaments associés. Les résultats obtenus pour un syndrome épileptique humain particulier ne permettent pas d’établir qu’une huile commerciale destinée aux animaux aidera un chien.

Cette distinction vaut aussi pour les objectifs du traitement. Dans son récent article sur les recherches sur le CBD au-delà du nombre de crises, MyCannabis examine l’importance de prendre en compte des résultats plus larges dans l’épilepsie infantile. La question vétérinaire est tout aussi concrète : une amélioration apparente se traduit-elle par une meilleure qualité de vie au quotidien ?

Comment le traitement au CBD du chien a été suivi

Le patient était un mâle de race Segugio Maremmano, un chien de chasse italien, qui a commencé à avoir des crises vers l’âge d’un an. Le traitement a d’abord reposé sur le phénobarbital. Du bromure de potassium a ensuite été ajouté après la dégradation du contrôle des crises.

Malgré cette association, les crises survenaient environ tous les 15 à 20 jours. La période de récupération qui suivait, appelée phase post-critique, durait environ 20 à 30 minutes. L’examen neurologique et l’imagerie par résonance magnétique n’ont pas permis d’identifier de cause structurelle claire, et le chien a reçu un diagnostic d’épilepsie idiopathique réfractaire.

Une évaluation comportementale distincte a mis en évidence une anxiété situationnelle. Selon les propriétaires, les visites d’un jeune enfant s’accompagnaient d’agitation, de déambulations, d’aboiements, de halètements et d’autres signes de détresse. Des crises seraient survenues peu avant ou après certaines de ces visites. Cette proximité dans le temps suggérait une association, sans prouver que les visites provoquaient les crises.

Les vétérinaires ont ajouté une huile de CBD à spectre complet et ont progressivement ajusté le traitement en fonction de la réponse du patient. Les deux médicaments antiépileptiques conventionnels ont été maintenus. Il s’agissait donc d’évaluer un traitement supplémentaire dans le cadre d’une thérapie combinée.

Les propriétaires ont tenu un journal clinique, tandis que le suivi vétérinaire comprenait des analyses de sang et la surveillance des concentrations des médicaments antiépileptiques. Le suivi du CBD a duré 18 mois, au sein d’un historique clinique plus large de 37 mois. Distinguer ces deux périodes permet d’éviter de surestimer la durée pendant laquelle le CBD lui-même a été observé.

Quels changements ont été observés après l’ajout du CBD ?

Les propriétaires ont indiqué que l’intervalle entre les crises était passé à environ 60 à 80 jours, avec une moyenne d’environ 70 jours. Les crises ont persisté, mais elles ont été décrites comme des épisodes isolés, suivis d’une période de récupération plus courte et d’un retour plus rapide aux activités habituelles.

L’anxiété situationnelle se serait également améliorée. Ces changements se sont maintenus pendant le suivi, bien que deux périodes rapprochées de crises aient coïncidé avec de brèves interruptions du traitement, lorsque la famille était à court de CBD.

Principales observations du cas clinique canin
Mesure Résultat rapporté Réserve concernant les données
Intervalle entre les crises Environ 15 à 20 jours avant le CBD ; 60 à 80 jours après son ajout Observations consignées par les propriétaires pour un seul chien
Récupération après les crises Environ 20 à 30 minutes avant le CBD ; 5 à 10 minutes après son ajout Aucune échelle validée de la gravité des crises n’a été utilisée
Anxiété situationnelle Amélioration rapportée pendant le traitement Aucune surveillance vidéo systématique pendant toute la durée du suivi
Médication concomitante Le phénobarbital et le bromure de potassium ont été poursuivis Le CBD a été évalué en complément
Surveillance de l’innocuité Des élévations des enzymes hépatiques ont été observées pendant le suivi Le traitement s’est accompagné d’examens cliniques et d’analyses sanguines

Pourquoi il faut accorder une attention distincte au rétablissement et à l’anxiété

L’idée la plus utile est qu’il faut mesurer séparément la fréquence des crises, le rétablissement et le bien-être émotionnel. Ces aspects peuvent s’améliorer en même temps, mais ils répondent à des questions différentes.

Un journal des crises permet de compter les épisodes. Les mesures du rétablissement décrivent les conséquences de chaque épisode. Les évaluations comportementales examinent si le chien se sent bien et reste actif pendant les périodes beaucoup plus longues entre les épisodes.

MyCannabis a récemment étudié le CBD et l’oxygénation cérébrale après une crise chez des rats, un autre exemple de chercheurs qui s’intéressent à des aspects allant au-delà de la prévention des crises. Cette expérience n’explique pas le rétablissement de ce chien : l’oxygénation cérébrale n’a pas été mesurée dans ce cas. Le lien tient à l’approche de recherche, qui considère le rétablissement comme un résultat méritant d’être étudié séparément.

Les observations concernant l’anxiété soulèvent une autre question. Le CBD a-t-il agi directement sur l’activité épileptique, réduit le stress associé aux crises, ou eu ces deux effets ? Les visites de l’enfant auraient continué, mais cela ne suffit pas à distinguer ces possibilités.

Une étude plus rigoureuse pourrait suivre les scores d’anxiété parallèlement au moment des crises et au rétablissement. Si ces résultats évoluaient à des rythmes différents, les chercheurs pourraient mieux déterminer quels bienfaits sont liés entre eux et lesquels pourraient survenir indépendamment.

Comment ce cas s’inscrit dans l’ensemble des données sur le CBD

Ce rapport vient enrichir un corpus croissant de recherches vétérinaires. Une étude pilote de décembre 2025 menée auprès de 13 chiens a fait état d’une réduction de la fréquence des crises après l’ajout de CBD aux médicaments déjà prescrits. Huit chiens ont obtenu une réduction d’au moins 50 %. Toutefois, l’étude ne comportait pas de groupe placebo, et le taux de phosphatase alcaline, une enzyme associée au foie, a augmenté de manière significative.

Un essai antérieur sur le CBD chez le chien, mené à l’aveugle et contrôlé par placebo, offre un protocole de comparaison plus rigoureux. Son intérêt est méthodologique : une condition témoin aide les chercheurs à distinguer les effets du traitement des fluctuations qui peuvent se produire au fil du temps.

Ce nouveau cas apporte une observation individuelle plus longue et s’intéresse à l’anxiété. Il ne saurait l’emporter sur les essais contrôlés, mais il peut aider à cerner les résultats que ces essais devraient examiner plus attentivement.

Ce qu’un seul chien ne peut pas nous apprendre sur le CBD

En l’absence de groupe de comparaison, les chercheurs ne peuvent pas déterminer ce qui se serait passé sans CBD. Les profils des crises peuvent fluctuer, et les changements de traitement effectués pendant une période particulièrement difficile peuvent être suivis d’une amélioration, en partie parce que les symptômes reviennent vers leur niveau habituel.

Les journaux tenus par les propriétaires restent utiles, en particulier pour les épisodes qui surviennent à la maison. Néanmoins, les attentes peuvent influencer les observations et certains épisodes peuvent passer inaperçus. Ce rapport ne comportait ni échelles validées de gravité des crises ni enregistrements vidéo systématiques pendant le suivi.

La formulation à spectre complet ajoute une autre source d’incertitude. Comme l’intervention contenait autre chose que du CBD purifié, ce cas ne permet pas d’isoler la contribution du CBD ni d’établir que différentes huiles produiraient des résultats équivalents.

Il faut également interpréter avec prudence les conclusions relatives à l’innocuité. Des élévations des enzymes hépatiques ont été documentées, notamment une forte hausse de la phosphatase alcaline. Un épisode de gastro-entérite a également compliqué l’interprétation des analyses sanguines ultérieures. Ce cas ne permet pas d’attribuer de manière fiable chaque changement au CBD, aux médicaments déjà prescrits ou à une autre cause.

Le fait qu’un patient suivi ait continué à bien tolérer le traitement constitue une information utile. Cela ne permet pas d’établir que le même protocole est sûr pour tous les chiens ni d’exclure des interactions médicamenteuses cliniquement importantes.

Transformer une observation prometteuse en recherche de meilleure qualité

La prochaine étape consiste à mener une étude contrôlée qui suivra les chiens suffisamment longtemps pour observer à la fois les bienfaits et les complications. Trois priorités se dégagent :

  • Mesurer séparément la fréquence des crises, le temps de rétablissement et l’anxiété.
  • Combiner les journaux des propriétaires avec des évaluations validées et des méthodes d’enregistrement uniformes.
  • Suivre la composition des produits, les interruptions du traitement, les enzymes hépatiques et les médicaments pris en parallèle.

Les interruptions du traitement méritent une attention particulière. Les deux interruptions observées dans ce cas sont évocatrices, mais elles ne faisaient pas partie d’un protocole planifié d’arrêt du traitement. Plus généralement, l’utilité d’un protocole dépend en partie de la capacité des familles à le suivre régulièrement.

Pour les lecteurs qui s’interrogent sur les allégations relatives aux produits, le guide de MyCannabis sur les produits au CBD pour animaux et les questions à poser au vétérinaire fournit des repères utiles pour les achats au Canada. L’étiquette d’un produit pour animaux ou un rapport d’analyse en laboratoire ne permet pas d’établir qu’un produit convient à un chien en particulier. La décision d’ajouter du CBD ou de modifier un traitement existant doit être discutée avec un vétérinaire.

Ce cas ouvre une piste de recherche prometteuse : évaluer le CBD en déterminant si les chiens ont moins de crises, récupèrent plus confortablement et vivent mieux entre les épisodes. Démontrer ces bienfaits de manière constante, tout en assurant un suivi adapté de l’innocuité, permettrait de transformer le récit encourageant d’un cas individuel en données probantes utiles à un plus grand nombre de familles.

Références :

1 Sacchettino, L., Giuliano, V. O., Borrani, B., d’Angelo, D., & Napolitano, F. (2026). Traitement à long terme par cannabidiol de l’épilepsie réfractaire chez le chien, associée à une anxiété situationnelle : rapport de cas. Heliyon, 12, e45696. https://doi.org/10.1016/j.heliyon.2026.e45696

Maya Bennett trouve de nombreuses choses à explorer dans les aspects du quotidien liés au cannabis : une étiquette peu familière, une conversation gênante ou une question que personne n’a pensé à poser. Sur MyCannabis.com, elle écrit sur les produits, les gens et l’évolution des mentalités, avec curiosité et un ton accueillant pour aborder un sujet qui peut encore sembler intimidant.