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L’utilisation de cannabis influence-t-elle la schizophrénie ? Une étude jette un nouveau regard
Depuis la légalisation du cannabis dans de nombreuses régions, de nombreuses personnes se demandent s’il existe un lien entre le trouble lié à l’utilisation de cannabis (CUD) et la schizophrénie. Récemment, une étude canadienne intitulée ‘Changements dans les diagnostics de schizophrénie incidente associés au trouble lié à l’utilisation de cannabis après la légalisation du cannabis‘1 a été menée dans le but d’éclaircir cette question et les liens entre les deux conditions.
Présentation de l’étude
Les chercheurs ont examiné les données de plus de 13,5 millions de personnes âgées de 14 à 65 ans sans antécédents de schizophrénie, dans ce que l’on appelle une « étude de cohorte basée sur la population ». Les chercheurs ont divisé les données en trois périodes : avant la légalisation (2006-2015), libéralisation du cannabis médical (2015-2018) et légalisation du cannabis non médical (2018-2022). À partir de là, ils ont examiné les changements dans la fraction de risque attribuable à la population (PARF) pour le CUD associé à la schizophrénie – essentiellement, cela signifie examiner si l’utilisation de cannabis est un facteur de risque qui entraîne une augmentation des taux de schizophrénie.
Principaux résultats
Qu’est-ce que les chercheurs ont trouvé ? Alors que l’incidence de la schizophrénie est restée stable dans l’ensemble, il a été révélé que la PARF pour le CUD associé à la schizophrénie a presque triplé, passant de 3,7 % pendant la période précédant la légalisation à 10,3 % après la légalisation. Notamment, la PARF était la plus élevée chez les hommes âgés de 19 à 24 ans (18,9 %) et la plus faible chez les femmes âgées de 45 à 65 ans (1,8 %).
En termes simples, cela signifie que, selon les résultats, il n’est pas considéré que le cannabis cause la schizophrénie. Plutôt, cela suggère que l’utilisation de cannabis peut aggraver les symptômes chez les personnes prédisposées à la schizophrénie ou qui en souffrent déjà. De plus, l’augmentation de la PARF coïncide non seulement avec l’augmentation de l’utilisation de cannabis, mais également avec une teneur plus élevée en THC dans les produits à base de cannabis. Ainsi, plutôt que d’être une cause directe, l’augmentation pourrait être due à des tendances changeantes dans la société.
Rectification des idées fausses
Lorsque l’on examine les résultats de l’étude, il y a quelques considérations cruciales pour ceux qui utilisent ou envisagent d’utiliser du cannabis. Premièrement, reconnaissez que la schizophrénie comporte des facteurs génétiques et héréditaires. Si vous êtes un jeune homme et que vous pensez être prédisposé à cette condition, il est probablement sage de s’abstenir de consommer du cannabis.
Avec l’étude qui jette un nouveau regard sur la relation entre le cannabis et la schizophrénie, la fausse idée suivante peut être plus facilement réfutée.
Idée fausse : l’utilisation de cannabis conduit inévitablement à la schizophrénie
Alors que l’étude a trouvé une association entre le CUD et la schizophrénie, il est important de se rappeler que l’association ne signifie pas la causalité. De nombreux facteurs contribuent à la schizophrénie, notamment la prédisposition génétique et les facteurs environnementaux. L’utilisation de cannabis peut aggraver les vulnérabilités existantes ou déclencher des symptômes chez ceux qui sont déjà prédisposés, mais elle n’est pas la cause unique ou directe du trouble.
Les avantages du cannabis
Alors qu’il est important de reconnaître les risques potentiels associés à l’utilisation de cannabis, en particulier dans les populations vulnérables, il est également important de reconnaître ses avantages. Le cannabis a été prouvé pour offrir un soulagement thérapeutique pour diverses conditions, notamment la douleur chronique, la sclérose en plaques et même les nausées. Il a également montré un grand potentiel dans le traitement de l’anxiété, du SSPT et de l’épilepsie, en particulier dans les cas où les traitements traditionnels ont échoué.
En plus de ses bienfaits médicinaux, la légalisation du cannabis a également apporté des avantages sociétaux importants. Notamment, elle a réduit le fardeau sur le système de justice pénale, généré des revenus fiscaux importants grâce aux ventes légales et continue de créer de nombreux emplois dans ce qui reste une industrie en plein essor.
Conclusion
Dans l’ensemble, l’étude a montré qu’il existe une association claire entre le CUD et la schizophrénie, mais que l’un ne cause pas l’autre. Plutôt, les personnes qui souffrent déjà de schizophrénie ou qui y sont prédisposées peuvent voir leurs symptômes empirer. Alors que le cannabis a de nombreux avantages incroyables, des études comme celle-ci sont cruciales pour que les utilisateurs potentiels puissent prendre une décision éclairée sur la consommation en ayant une perspective plus complète sur les facteurs de risque potentiels.
Référence de l’étude :
1. Myran, D. T., Pugliese, M., Harrison, L. D., et al. (2025). Changements dans les diagnostics de schizophrénie incidente associés au trouble lié à l’utilisation de cannabis après la légalisation du cannabis. JAMA Network Open, 8(2), e2457868. https://doi.org/10.1001/jamanetworkopen.2024.57868












