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Ce que les Canadiens mélangent réellement avec le cannabis

L’utilisation du cannabis est devenue de plus en plus courante au Canada depuis la légalisation, mais l’histoire ne se termine pas avec le cannabis lui-même. Ce que les gens choisissent d’utiliser en même temps que le cannabis peut révéler autant sur le comportement des consommateurs, les risques potentiels et les tendances émergentes que l’utilisation du cannabis seule.
Pour de nombreuses personnes, le cannabis n’est pas toujours consommé en isolation. Parfois, il est associé à l’alcool lors de rassemblements sociaux. Dans d’autres cas, il peut être utilisé en même temps que des médicaments sur ordonnance ou d’autres substances psychoactives. Ces combinaisons peuvent influencer la façon dont le cannabis affecte le corps et peuvent modifier à la fois les avantages et les risques potentiels associés à son utilisation.
Une étude de 2026 publiée dans le International Journal of Drug Policy a cherché à examiner cette question de manière plus approfondie. Plutôt que de se demander simplement si les Canadiens utilisent du cannabis, les chercheurs ont examiné quels substances sont les plus couramment utilisées en même temps que le cannabis et si des modèles distincts de co-utilisation existent parmi les consommateurs. Les résultats offrent un aperçu fascinant de l’utilisation du cannabis sur un marché légal et offrent des informations importantes pour la santé publique, la réduction des risques et l’éducation des consommateurs. Commençons.
Pourquoi l’utilisation simultanée de substances est importante
Les chercheurs utilisent le terme d’utilisation simultanée pour décrire les situations où le cannabis et une autre substance sont utilisés suffisamment près l’un de l’autre pour que leurs effets se chevauchent. Cela diffère de quelqu’un qui pourrait utiliser du cannabis un jour et consommer de l’alcool plusieurs jours plus tard. L’utilisation simultanée se produit lorsque les deux substances sont actives dans le corps en même temps, créant potentiellement des interactions qui modifient les niveaux d’intoxication, d’altération ou d’effets secondaires.
Comprendre ces modèles est important car la combinaison de substances peut parfois augmenter les risques. Par exemple, le cannabis et l’alcool ensemble peuvent entraîner une altération plus grande que chacune de ces substances seule. D’autres combinaisons peuvent produire des effets imprévisibles qui ne sont pas encore pleinement compris par les chercheurs. À mesure que l’utilisation du cannabis continue de croître, les experts croient de plus en plus que comprendre ce que les gens combinent avec le cannabis peut être tout aussi important que comprendre l’utilisation du cannabis elle-même.
Examen de la co-utilisation du cannabis au Canada
Pour mieux comprendre ces comportements, les chercheurs ont analysé les données de l’Enquête canadienne sur l’alcool et les drogues de 2023. L’étude comprenait plus de 12 000 Canadiens qui ont déclaré avoir utilisé du cannabis au cours de la dernière année. Les participants ont été interrogés sur leur utilisation simultanée de cannabis avec diverses substances, notamment l’alcool, les hallucinogènes, les médicaments sur ordonnance, les stimulants et autres drogues.
En utilisant une technique statistique appelée analyse de classes latentes, les chercheurs ont cherché des modèles cachés dans les données. Plutôt que de traiter tous les consommateurs de cannabis comme un seul groupe, cette méthode identifie des regroupements de personnes partageant des comportements similaires. L’objectif était de déterminer si des modèles distincts d’utilisation simultanée existent et si certaines caractéristiques démographiques ou liées au cannabis sont associées à ces modèles.
Trois modèles distincts sont apparus
L’analyse a révélé trois groupes clairs de consommateurs de cannabis.
Le premier et de loin le plus important groupe représentait près de 83 % des participants. Les individus de cette catégorie ont rapporté une utilisation simultanée relativement faible dans l’ensemble. Même s’ils combinaient parfois le cannabis avec l’alcool, ils n’ont généralement pas rapporté d’utilisation simultanée fréquente avec un large éventail d’autres substances.
Un deuxième groupe a été caractérisé par la combinaison de cannabis avec à la fois de l’alcool et des hallucinogènes. Intéressant, ce modèle est apparu séparé d’une utilisation plus large de plusieurs substances, suggérant que certains consommateurs associent sélectivement le cannabis à des substances spécifiques plutôt que de le combiner sans discernement avec plusieurs drogues.
Le troisième et plus petit groupe a montré un modèle d’utilisation simultanée beaucoup plus large. Les individus de cette catégorie étaient plus susceptibles de combiner le cannabis avec plusieurs types de substances, notamment l’alcool, les hallucinogènes, les médicaments sur ordonnance et les stimulants.
Ces résultats suggèrent que les consommateurs de cannabis sont loin d’être une population uniforme. Au lieu de cela, différents groupes semblent avoir différentes motivations, expériences et profils de risque. Le fait que près de 83 % des participants soient tombés dans la catégorie d’utilisation simultanée faible est encourageant, car cela indique que la plupart des consommateurs de cannabis ne combinent pas régulièrement le cannabis avec de nombreuses autres substances. Cependant, les plus petits groupes identifiés dans l’étude mettent en évidence des modèles importants qui pourraient nécessiter des efforts ciblés d’éducation et de réduction des risques.
| Groupe de consommateurs | Part du échantillon | Caractéristiques principales de co-utilisation |
|---|---|---|
| Faible utilisation simultanée | ~83% | Utilisation simultanée peu fréquente ; association occasionnelle avec l’alcool uniquement. |
| Association sélective de substances psychoactives | Petit groupe | Utilisation simultanée spécifique avec l’alcool et les hallucinogènes. |
| Utilisation simultanée large | Plus petit groupe | Mélange fréquent avec l’alcool, les hallucinogènes, les médicaments sur ordonnance et les stimulants. |
L’alcool reste le mélange le plus courant
L’une des constatations les plus claires de l’étude était le rôle important que continue de jouer l’alcool dans la co-utilisation du cannabis. Les chercheurs ont constaté que l’utilisation simultanée occasionnelle de cannabis et d’alcool était courante dans l’échantillon. Cela correspond aux recherches antérieures montrant que l’alcool est la substance la plus fréquemment associée au cannabis.
Les recherches antérieures ont montré que l’association de l’alcool et du cannabis peut augmenter l’altération et peut entraîner une intoxication plus forte que l’utilisation de l’une ou l’autre substance seule. Les études ont également lié cette combinaison à de moins bonnes réactions et à une prise de décision altérée.
Puisque ce modèle apparaît relativement répandu, les chercheurs suggèrent que les efforts d’éducation publique pourraient devoir accorder plus d’attention pour aider les consommateurs à comprendre les risques potentiels associés à l’utilisation d’alcool et de cannabis ensemble.
La montée du cannabis et des hallucinogènes
Une autre constatation notable concernait le groupe qui a associé le cannabis à l’alcool et aux hallucinogènes. Les études antérieures ont souvent regroupé les hallucinogènes dans des catégories plus larges de « autres drogues », rendant difficile la compréhension de leur relation spécifique avec l’utilisation du cannabis. En examinant les hallucinogènes séparément, les chercheurs ont identifié un modèle distinct qui pourrait être passé inaperçu dans les analyses antérieures.
Les chercheurs spéculent que ce modèle peut être lié à des environnements sociaux tels que les festivals, les concerts et d’autres cadres récréatifs où les hallucinogènes sont plus couramment utilisés. Certains individus peuvent utiliser du cannabis aux côtés de ces substances pour amplifier certaines expériences ou modérer les effets indésirables.
La constatation est particulièrement intéressante compte tenu de l’intérêt croissant du public pour les substances psychoactives et des discussions croissantes sur leurs applications thérapeutiques potentielles. À mesure que les attitudes envers les hallucinogènes évoluent, comprendre comment ils sont utilisés avec le cannabis peut devenir un domaine de recherche de plus en plus important.
Qui court des risques plus élevés de co-utilisation ?
L’étude a également examiné quels facteurs étaient associés à différents modèles d’utilisation simultanée. L’âge, le sexe, le revenu, la fréquence d’utilisation du cannabis et les raisons de l’utilisation du cannabis ont tous joué un rôle.
Les individus plus jeunes et les hommes étaient plus susceptibles de faire partie du groupe caractérisé par l’utilisation de cannabis avec l’alcool et les hallucinogènes. Pendant ce temps, les niveaux de revenu plus faibles étaient associés à l’appartenance au groupe d’utilisation simultanée plus large impliquant plusieurs substances. Les chercheurs ont également constaté que les individus qui utilisaient du cannabis plus fréquemment et ceux qui rapportaient plus de problèmes liés au cannabis étaient plus susceptibles d’appartenir à l’un des groupes d’utilisation simultanée plus élevée.
Ces résultats suggèrent que l’utilisation simultanée peut servir d’indicateur de risque accru et pourrait aider à identifier les populations qui pourraient bénéficier d’une éducation ciblée ou de ressources de réduction des risques.
Les utilisateurs de cannabis médical ont montré des modèles uniques
L’étude a également examiné les personnes qui ont déclaré utiliser du cannabis exclusivement à des fins médicales. Les chercheurs ont constaté que les utilisateurs de cannabis médical étaient plus susceptibles d’appartenir au groupe caractérisé par une utilisation simultanée large impliquant des médicaments sur ordonnance et d’autres substances. Cependant, il est important de noter que cela ne signifie pas nécessairement que ces individus abusent de médicaments, car les médicaments sur ordonnance font probablement partie de plans de traitement légitimes pour leurs problèmes de santé. Cependant, cela met en évidence un domaine important pour la recherche future, car les scientifiques ont encore beaucoup à apprendre sur la façon dont ces combinaisons influencent les résultats du traitement, la gestion des symptômes et la sécurité.
Ce que cela signifie pour la réduction des risques
L’étude renforce l’idée que l’éducation sur le cannabis devrait aller au-delà de simples discussions sur l’utilisation ou la non-utilisation. Au lieu de cela, les efforts de réduction des risques pourraient bénéficier de se concentrer sur les combinaisons spécifiques que les consommateurs utilisent et sur les contextes dans lesquels ces combinaisons se produisent.
Par exemple, les campagnes éducatives pourraient fournir des informations plus claires sur les effets de la combinaison de cannabis et d’alcool. Les prestataires de soins de santé pourraient également bénéficier de la discussion sur l’utilisation du cannabis avec des médicaments sur ordonnance, en particulier parmi les patients qui utilisent du cannabis à des fins médicales.
Les chercheurs ont également noté que les décideurs politiques pourraient envisager de créer des campagnes éducatives axées spécifiquement sur les comportements d’utilisation simultanée.
Regard vers l’avenir
À mesure que le cannabis devient une partie plus établie du paysage légal du Canada, comprendre comment il s’intègre dans les modèles plus larges d’utilisation de substances deviendra de plus en plus important. Cette étude révèle que la plupart des utilisateurs de cannabis canadiens ne combinent pas régulièrement le cannabis avec d’autres substances. En même temps, elle met en évidence plusieurs groupes distincts dont les modèles d’utilisation simultanée peuvent présenter différents niveaux de risque.
Les résultats offrent un rappel important que la consommation de cannabis ne se produit pas dans le vide. Ce que les gens utilisent avec le cannabis peut influencer considérablement leurs expériences, les dommages potentiels et les résultats pour la santé. Pour les chercheurs, les prestataires de soins de santé et les décideurs politiques, l’avenir de la réduction des risques liés au cannabis peut dépendre non seulement de la compréhension du cannabis lui-même, mais également de la compréhension de l’entreprise qu’il fréquente.
Références:
1. Kyra N. Farrelly, Jeffrey D. Wardell, Utilisation simultanée de cannabis avec d’autres drogues: Identification de classes latentes dans un échantillon de Canadiens, International Journal of Drug Policy, Volume 155, 2026, 105379, ISSN 0955-3959, https://doi.org/10.1016/j.drugpo.2026.105379












