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L’utilisation du cannabis a augmenté au Canada, mais la conduite avec facultés affaiblies n’a pas augmenté

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Lorsque le Canada a légalisé le cannabis à des fins non médicales en 2018, de nombreuses personnes craignaient que les routes ne deviennent considérablement plus dangereuses. Les critiques prédisaient que l’augmentation de la consommation de cannabis entraînerait inévitablement plus de personnes conduisant avec des facultés affaiblies, augmentant ainsi les accidents, les blessures et les décès. Maintenant, près de huit ans plus tard, les chercheurs ont une image beaucoup plus claire de ce qui s’est réellement passé, et les résultats sont plus nuancés que beaucoup ne l’avaient prévu.

Une étude de 20261 publiée dans le Journal of Transport & Health a examiné l’expérience du Canada après la légalisation et a trouvé quelque chose de surprenant. Les résultats suggèrent que la légalisation seule n’a pas déclenché une augmentation durable de la conduite avec facultés affaiblies par le cannabis, comme on le soupçonnait. Au lieu de cela, les changements dans les attitudes du public, les campagnes d’éducation et les efforts de l’application de la loi peuvent avoir encouragé une prise de décision plus responsable parmi les consommateurs de cannabis. Examinons de plus près les résultats et comment d’autres pays peuvent modéliser l’expérience du Canada en matière de sécurité routière aux côtés de la légalisation du cannabis.

L’utilisation du cannabis a augmenté après la légalisation

La légalisation a rendu le cannabis plus accessible grâce à des magasins de détail réglementés et a établi des règles claires pour l’utilisation par les adultes. Il n’est pas surprenant que les enquêtes aient montré que la consommation de cannabis est devenue plus courante parmi les adultes canadiens après la légalisation. Pour certains observateurs, cette augmentation a immédiatement soulevé des inquiétudes quant à la sécurité routière. Beaucoup croyaient que si plus de personnes consommaient du cannabis, il semblait logique que plus de personnes choisiraient de conduire après en avoir consommé.

Cependant, la recherche suggère que la relation entre la consommation de cannabis et la conduite avec facultés affaiblies est beaucoup plus complexe.

La conduite avec facultés affaiblies par le cannabis a diminué

Les chercheurs ont examiné les données des enquêtes nationales collectées après la légalisation et ont constaté que la conduite avec facultés affaiblies par le cannabis n’a pas connu d’augmentation dramatique. Pour les consommateurs de cannabis en particulier, les délits de conduite avec facultés affaiblies impliquant le cannabis ont diminué. Dans la population générale, qui comprend à la fois les utilisateurs et les non-utilisateurs de cannabis, la prévalence des délits de conduite avec facultés affaiblies par le cannabis est restée relativement stable au cours des premières années suivant la légalisation. Même si une légère augmentation a été enregistrée de 2022 à 2023, l’augmentation a été modeste plutôt qu’un pic dramatique que beaucoup avaient initialement craint.

Les données suggèrent que la légalisation elle-même n’a pas été le seul facteur déterminant le comportement de conduite avec facultés affaiblies. Au lieu de cela, d’autres influences ont probablement façonné la manière dont les Canadiens ont répondu au paysage juridique changeant.

Accidents de la route liés au cannabis

Les chercheurs ont également examiné les preuves entourant les collisions de véhicules impliquant le THC, le principal composé psychoactif du cannabis. Les premières études menées au cours des premières années suivant la légalisation ont produit des résultats mitigés. Certaines suggéraient une augmentation des blessures et des décès impliquant des conducteurs qui avaient testé positif au THC, tandis que d’autres trouvaient des tendances moins cohérentes.

Les preuves plus récentes, cependant, suggèrent que ces augmentations pourraient avoir commencé à revenir aux niveaux d’avant la légalisation. Cependant, l’interprétation de ces résultats reste difficile, car détecter le THC ne prouve pas nécessairement qu’un conducteur était sous l’emprise de la drogue au moment de l’accident, car le THC peut rester détectable dans le corps longtemps après que ses effets ont disparu, ce qui rend difficile l’établissement d’un lien direct entre les résultats de test positifs et l’incapacité.

Les chercheurs continuent de travailler pour mieux comprendre comment le cannabis affecte les performances de conduite et comment l’incapacité peut être mesurée avec précision afin que nous puissions vraiment comprendre à quel point la consommation de cannabis conduit à des accidents de la route.

Pourquoi la conduite avec facultés affaiblies par le cannabis a-t-elle diminué ?

L’étude pointe vers plusieurs facteurs qui pourraient aider à expliquer pourquoi la conduite avec facultés affaiblies par le cannabis est devenue moins courante parmi les consommateurs de cannabis, malgré une consommation globale plus élevée de cannabis. L’un des contributeurs les plus probables est la sensibilisation accrue du public. La légalisation a été accompagnée de campagnes de santé publique largement diffusées qui mettaient l’accent sur les dangers de la conduite avec facultés affaiblies par le cannabis. Ces campagnes visaient à éduquer les consommateurs sur les temps de réaction retardés, l’attention réduite, la coordination altérée et la prise de décision médiocre au volant.

En même temps, le Canada a renforcé les mesures d’application de la loi entourant la conduite avec facultés affaiblies par le cannabis. Les agences de police ont adopté une formation supplémentaire, des méthodes de test routier et des outils juridiques conçus pour décourager la conduite avec facultés affaiblies.

La légalisation elle-même peut également avoir encouragé des conversations plus ouvertes sur une consommation de cannabis responsable. À mesure que le cannabis est devenu réglementé, les messages du public sont passés de la simple dissuasion de l’usage à la promotion de comportements plus sûrs parmi les adultes qui choisissent de consommer du cannabis.

Ces efforts ont aidé à remodeler les perceptions du public sur les risques de conduire après avoir consommé du cannabis.

Pourquoi la perception du public est importante

L’un des aspects les plus intéressants de la recherche est le rôle que semble jouer la perception du risque. Les gens sont généralement moins susceptibles de s’engager dans des comportements à risque lorsqu’ils comprennent clairement les conséquences potentielles.

En ce qui concerne le cannabis, les messages de santé publique ont aidé à créer une prise de conscience que le cannabis peut altérer la capacité de conduire, même si les utilisateurs se sentent capables de conduire un véhicule, et ont transmis les dangers de le faire.

Les résultats renforcent un principe important de santé publique : que l’éducation peut influencer le comportement lorsqu’elle communique efficacement le risque.

Comment les perceptions liées au cannabis ont changé après la légalisation
Résultat de l’enquête Résultat précédent Dernier résultat Ce que cela suggère
Canadiens qui sont d’accord que le cannabis altère la conduite 81 % en 2018 86 % en 2024 La reconnaissance du risque de conduite est devenue plus répandue.
Utilisateurs de cannabis ayant consommé au cours de la dernière année qui sont d’accord que le cannabis altère la conduite 61 % en 2018 79 % en 2024 L’amélioration la plus importante s’est produite parmi les personnes qui consommaient du cannabis.
Canadiens qui se souviennent avoir vu des messages de santé publique sur le cannabis 76 % en 2019 50 % en 2024 La sensibilisation a été améliorée même si l’exposition aux campagnes a diminué.
Canadiens qui croient qu’un conducteur sous l’emprise de la drogue est susceptible d’être arrêté Environ 25 % Environ 25 % La perception de l’application de la loi reste une faiblesse notable.

L’éducation sur le cannabis a encore du travail à faire

Bien que l’expérience du Canada soit encourageante à certains égards, les chercheurs mettent en garde contre l’hypothèse que le problème a été résolu. Les campagnes de santé publique semblent avoir joué un rôle important, mais beaucoup de ces programmes n’ont pas été rigoureusement évalués. Davantage de recherches sont nécessaires pour déterminer quels messages sont les plus efficaces, quels publics répondent le mieux et comment les campagnes peuvent continuer à réduire la conduite avec facultés affaiblies.

L’amélioration de l’évaluation de ces initiatives éducatives pourrait aider les décideurs à investir dans des programmes qui produisent des améliorations mesurables en matière de sécurité routière.

Plus d’utilisateurs de cannabis pourraient encore signifier plus de cas

L’une des conclusions les plus importantes de l’étude est que les pourcentages ne racontent pas toujours l’histoire entière. Même si une proportion plus faible d’utilisateurs de cannabis choisit de conduire avec facultés affaiblies, le nombre total d’incidents de conduite avec facultés affaiblies pourrait encore augmenter si le nombre total de consommateurs de cannabis continue de croître.

Par exemple, si la consommation de cannabis augmente considérablement avec le temps, même un taux plus faible de conduite avec facultés affaiblies parmi les utilisateurs pourrait se traduire par plus de conducteurs sous l’emprise de la drogue sur la route, simplement parce qu’il y a plus d’utilisateurs de cannabis au total. Cela signifie que les décideurs ne peuvent pas se fier uniquement à la diminution encourageante observée parmi les utilisateurs de cannabis, car une éducation, une recherche, une application de la loi et une surveillance continues sont essentielles pour protéger la sécurité publique.

Qu’est-ce que l’expérience du Canada enseigne

L’expérience de la légalisation du Canada offre des insights précieux pour les autres pays qui envisagent de réformer le cannabis. Les preuves suggèrent que la légalisation n’a pas automatiquement produit une augmentation durable de la conduite avec facultés affaiblies par le cannabis. Au lieu de cela, une meilleure reconnaissance des risques, probablement renforcée par des campagnes de santé publique, une application de la loi plus forte et des mesures de test du THC, semble avoir encouragé un comportement plus sûr.

En même temps, les chercheurs soulignent que la vigilance continue est nécessaire. À mesure que la consommation de cannabis continue d’évoluer, l’éducation en matière de santé publique doit évoluer avec elle. Une meilleure évaluation des campagnes de sensibilisation, une application de la loi continue et des recherches continues sur l’incapacité due au cannabis joueront tous un rôle important pour maintenir la sécurité routière.

Finalement, l’étude met en évidence une leçon importante : que les changements de politique seuls ne déterminent pas le comportement du public. L’éducation, la réglementation responsable et la prise de décision éclairée peuvent toutes contribuer à façonner la manière dont les gens réagissent, et l’expérience du Canada suggère que ces efforts peuvent avoir un impact significatif.

Références:

1. Christine M. Wickens, Patricia Di Ciano, Bernard Le Foll, Conduite sous l’influence du cannabis (DUIC) : une proposition risquée ?, Journal of Transport & Health, Volume 51, 2026, 102404, ISSN 2214-1405, https://doi.org/10.1016/j.jth.2026.102404

Sarah Schwefel est une journaliste, une analyste de recherche, une conférencière et une défenseure des patients. Après avoir déménagé pour accéder au cannabis pour sa propre santé, elle s'est immergée dans l'industrie du cannabis et du chanvre, déterminée à mieux s'aider elle-même et les autres patients. En 2020, elle est devenue certifiée en études de médecine endocannabinoïde de l'American Journal of Endocannabinoid Medicine. Sarah utilise son expertise pour éduquer et défendre à travers ses écrits sur divers sujets, notamment la législation et les avantages de la médecine végétale.