Recherche sur le cannabis

Cannabis et soins palliatifs : une promesse pour les personnes âgées ?

mm
Ajouter MyCannabis.com à vos sources préférées sur Google

Pour une personne âgée qui reçoit des soins palliatifs, soulager la douleur peut vouloir dire être suffisamment à l’aise pour partager un repas, tenir une conversation ou se reposer sans souffrir constamment. Ces objectifs du quotidien aident à comprendre pourquoi le cannabis continue de susciter de l’intérêt, alors même que son efficacité reste incertaine.

Une nouvelle revue de portée, « Stratégies de prise en charge de la douleur chez les personnes âgées en soins palliatifs », relève un constat encourageant : les trois études sur le cannabis qu’elle a incluses font état d’une amélioration de la douleur.1 Les auteurs estiment toutefois que le niveau de preuve est modéré à faible. Leurs résultats justifient de poursuivre les recherches, mais ne permettent pas d’établir que le cannabis est un traitement éprouvé pour cette population.

L’enjeu est de transformer ce signal prometteur en une compréhension plus précise des personnes susceptibles d’en bénéficier, des préparations qui méritent d’être évaluées et de la capacité du soulagement à améliorer le quotidien sans entraîner de contraintes inacceptables.

Ce que révèle la revue sur la douleur en soins palliatifs

Accepté pour publication dans Ageing Research Reviews en octobre 2026 et disponible sous la forme d’une épreuve avant publication dans la revue, l’article recense 117 études portant sur des personnes âgées recevant des soins palliatifs. Il examine les opioïdes, les médicaments non opioïdes, les traitements interventionnels, les approches non médicamenteuses, l’éducation thérapeutique et les interventions combinant plusieurs types de soins.

Une revue de portée donne une vue d’ensemble du paysage de la recherche. Elle aide à repérer les approches qui méritent d’être étudiées et les populations encore négligées. Elle ne permet pas nécessairement d’établir dans quelle mesure un traitement est plus efficace qu’un autre.

Les opioïdes et les interventions multifactorielles étaient les stratégies les plus étudiées, chacune apparaissant dans 37 études. Le cannabis figurait dans trois études consacrées aux médicaments non opioïdes ; les préparations étudiées présentaient différents rapports entre THC et CBD.

Voici les résultats directement tirés de la revue :

Constat de la revue Résultat rapporté
Nombre total d’études incluses 117
Études évaluant le cannabis 3
Études sur le cannabis faisant état d’une amélioration de la douleur 3 sur 3
Niveau de preuve des études sur le cannabis Modéré à faible
Principales lacunes concernant les populations étudiées Personnes âgées de 85 ans et plus ; populations non atteintes de cancer

Dans l’ensemble de la revue, 68 % des études fournissaient des données d’un niveau de preuve modéré à faible. L’incertitude entourant le cannabis s’inscrit donc dans un défi plus vaste : produire des données solides sur les traitements de la douleur chez les personnes âgées recevant des soins palliatifs.

Pourquoi trois études positives ne suffisent pas à établir l’efficacité

Trois études favorables constituent une bonne raison de poursuivre les recherches. Cela ne signifie pas que 100 % des patients ont obtenu des résultats positifs. Le simple décompte des études faisant état d’une amélioration ne révèle ni combien de participants en ont bénéficié, ni l’ampleur de leur soulagement, ni si l’amélioration était supérieure à celle obtenue avec un traitement de comparaison approprié.

Prenons le cas d’une personne dont la douleur s’atténue après l’introduction du cannabis, parallèlement à des changements apportés à ses médicaments habituels et à un soutien clinique supplémentaire. Cette amélioration est importante, mais le seul changement de traitement ne permet pas de déterminer quel élément l’a produite. Des comparaisons contrôlées aident à distinguer la contribution du cannabis de celle d’autres facteurs.

La revue reconnaît également que le décompte des résultats statistiquement significatifs peut être influencé par la publication sélective des résultats et par l’évaluation de plusieurs critères ou moments de mesure. Un résultat positif lors d’une évaluation ne signifie pas nécessairement que le soulagement se maintient dans le temps.

La leçon pratique consiste à retenir les deux aspects du constat : les études sur le cannabis ont donné des résultats encourageants, mais leur conception et leur nombre limité laissent d’importantes questions sans réponse.

Ce que les données plus générales sur le cannabis et la douleur apportent au contexte

Les auteurs replacent leurs résultats sur le cannabis dans le contexte d’autres travaux de recherche, dont les conclusions sont mitigées. Ce contexte est important, car les douleurs cancéreuses, les douleurs neuropathiques chroniques et celles associées à d’autres maladies engageant le pronostic vital sont des problèmes cliniques différents.

La revue de l’AHRQ publiée en 2025 sur le cannabis contre la douleur chronique a relevé de faibles améliorations moyennes, principalement en cas de douleur neuropathique et avec certaines préparations contenant du THC. Ces bénéfices s’accompagnaient d’une augmentation des étourdissements, de la sédation et des nausées. Ces résultats n’établissent pas que les personnes âgées recevant des soins palliatifs bénéficient d’effets équivalents.

De même, les recommandations de l’ASCO sur le cannabis dans les soins oncologiques indiquent que les données sont insuffisantes pour recommander ou déconseiller le cannabis ou les cannabinoïdes contre les douleurs cancéreuses. Cela ne revient pas à prouver qu’aucune personne ne peut en bénéficier, mais ne suffit pas non plus à justifier une utilisation systématique.

Un article utile sur le cannabis doit faire une place à cette position nuancée. Les patients peuvent faire état d’expériences bénéfiques, alors même que les données restent insuffisantes pour prédire ces expériences de manière fiable.

Pourquoi la recherche sur le cannabis doit placer la qualité de vie au premier plan

La prochaine étape la plus utile pourrait être de poser une question plus précise que de savoir si le cannabis réduit un score de douleur : une préparation de cannabis définie aide-t-elle un patient donné à accomplir quelque chose qui compte pour lui ?

Imaginons deux patients qui signalent la même diminution de la douleur. L’un se sent suffisamment bien pour profiter de visites en famille. L’autre est trop somnolent pour y participer. Un simple score de douleur ne permettrait pas de voir la différence entre ces résultats.

Cela laisse penser que les futurs essais devraient associer les mesures des symptômes aux priorités des patients. Les chercheurs pourraient évaluer :

  • Le soulagement de la douleur, ainsi que la vigilance et la capacité à communiquer.
  • La qualité du sommeil et le confort pendant les activités quotidiennes.
  • Les effets secondaires, la contrainte du traitement et les raisons de son arrêt.
  • La persistance des bienfaits au cours du traitement.

Ces mesures rendraient les résultats positifs plus utiles. Elles pourraient aussi repérer des situations où une amélioration apparemment modeste de la douleur se traduit par un mieux-être important au quotidien.

Les personnes âgées ont besoin de données plus précises

La revue souligne que les personnes âgées de 85 ans et plus, les personnes atteintes de maladies non cancéreuses et certains patients souffrant de démence ou de plusieurs affections sont peu représentés. Les résultats obtenus auprès de personnes âgées relativement plus jeunes ne permettent pas automatiquement de répondre aux questions concernant ces groupes.

La recherche doit aussi tenir compte de la situation réelle des patients au début du traitement : prescriptions existantes, expérience antérieure du cannabis, limitations fonctionnelles et objectifs personnels. Considérer toutes les personnes de plus de 65 ans comme une population homogène masque des différences susceptibles d’expliquer à la fois les bienfaits et les effets indésirables.

Une meilleure communication peut améliorer les soins dès maintenant

Même si des essais plus rigoureux prennent du temps, il est déjà possible d’avoir des échanges plus clairs. L’article de MyCannabis sur les raisons pour lesquelles les personnes âgées se tournent vers les produits comestibles au cannabis décrit un intérêt motivé par la douleur, les troubles du sommeil et d’autres préoccupations. Comprendre ces motivations constitue un point de départ utile pour les échanges cliniques.

Une étude canadienne de 2025 sur l’expérience du cannabis chez les personnes âgées a également relevé des bienfaits perçus, ainsi que des préoccupations concernant les effets indésirables, les interactions médicamenteuses et l’accès à des conseils fiables.

En soins palliatifs, la conséquence est concrète : les patients devraient se sentir libres de décrire ce qu’ils prennent, pourquoi ils le prennent et ce qui se passe ensuite. Ces informations aident l’équipe soignante à évaluer le cannabis au même titre que les autres éléments du plan de traitement. L’intérêt pour le cannabis devrait ouvrir le dialogue, et non remplacer l’évaluation d’une douleur persistante ou changeante.

Des produits uniformes pourraient rendre les résultats futurs plus utiles

Le terme « cannabis » désigne une vaste catégorie, et non une intervention normalisée unique. On ne peut pas présumer qu’une huile à dominante CBD, une capsule contenant du THC et une préparation associant plusieurs cannabinoïdes produiront des résultats équivalents.

Les études futures seraient plus instructives si elles consignaient de manière uniforme la composition en cannabinoïdes, la voie d’administration, les modifications du traitement et les médicaments pris en parallèle. Sans cela, un résultat encourageant peut être difficile à reproduire ou à appliquer en dehors de l’étude initiale.

De nouveaux outils de mesure pourraient être utiles. Comme l’explique l’article de MyCannabis sur les biocapteurs de cannabinoïdes pour un traitement personnalisé de la douleur, la détection de l’exposition pourrait, à terme, permettre des recherches plus approfondies. Toutefois, la mesure d’un cannabinoïde ne permet pas, à elle seule, d’établir un soulagement de la douleur ni de déterminer une dose appropriée.

Pour se renseigner sur les produits liquides courants, les lecteurs qui souhaitent les comparer peuvent consulter le guide d’achat d’huiles et de teintures au CBD au Canada, qui présente des informations sur l’étiquetage et les formulations. La comparaison des produits ne permet pas de déterminer si une préparation convient pour soulager la douleur en soins palliatifs. La revue n’établit pas que l’huile de CBD vendue dans le commerce constitue un traitement efficace.

Vers une approche plus claire du cannabis en soins palliatifs

La revue indique une piste utile aux chercheurs qui étudient le cannabis : examiner les résultats favorables à l’aide de préparations définies, de comparaisons plus rigoureuses et de critères qui reflètent les priorités des patients.

Elle replace également le cannabis dans le contexte plus large de la prise en charge de la douleur. Les auteurs relèvent des résultats prometteurs pour plusieurs stratégies, ce qui confirme l’intérêt d’étudier la façon dont les traitements s’intègrent à des soins complets, plutôt que de présumer qu’une seule option peut répondre à tous les besoins.

La perspective encourageante est celle d’une plus grande précision. Des données plus solides pourraient permettre de repérer les patients qui ressentent un soulagement appréciable, de distinguer les formulations utiles de celles qui sont inefficaces et de déterminer dans quels cas les effets secondaires l’emportent sur les bienfaits. Pour les personnes âgées en soins palliatifs, ces progrès permettraient de prendre des décisions davantage fondées à la fois sur les données scientifiques et sur la vie qu’elles souhaitent mener.

Références :

1 Bérubé, M., Linsotan, S., Gauthier, L., Godwin, B., Belzile, É., Pageau, F., Hadjistavropoulos, T., Verret, M., Bourque, L., Giorgini, G., Benhamed, A., van Lieshout, E., Schemitsch, E., Guénette, L., Tapp, D., Papp, S., Galant, N., Troncy, É., Labzagui, I., … Pelet, S. (2026). Stratégies de prise en charge de la douleur chez les personnes âgées en soins palliatifs : revue de portée. Ageing Research Reviews. Publication en ligne anticipée. https://doi.org/10.1016/j.arr.2026.103423

Patricia est une personne amoureuse de la danse, folle des animaux, avec une passion pour faire connaître les avantages incroyables du CBD. Lorsqu'elle n'est pas occupée à danser sur ses airs préférés, vous pouvez la trouver en train de rechercher toutes les façons dont le CBD peut améliorer notre vie.