Règlementation
Le cannabis est-il légal en Suisse ? Comprendre les lois suisses sur le cannabis et la marijuana (2026)
La Suisse autorise le cannabis médical sur prescription et réglemente séparément les produits à faible teneur en THC du cannabis contrôlé. Le cannabis récréatif contenant un taux total de THC de 1 % ou plus reste interdit en dehors des essais scientifiques autorisés. La possession de jusqu’à 10 g pour usage personnel n’est pas punissable, mais la consommation peut tout de même entraîner une amende. Un projet de loi national sur les produits du cannabis n’a pas encore ouvert de marché général pour les adultes.
Le cannabis est-il légal en Suisse ?
L’Office fédéral de la santé publique (FOPH) distingue le cannabis contrôlé des produits dont le taux total de THC est inférieur à 1 %. Les principales catégories sont :
- Cannabis médical : traitement prescrit dans le cadre de la réglementation médicale.
- Produits à faible teneur en THC : hors du contrôle des stupéfiants lorsqu’ils sont inférieurs à 1 %, mais toujours soumis aux règles de leur catégorie de produit.
- Cannabis non médical à 1 % de THC ou plus : généralement interdit, avec des exceptions limitées aux essais scientifiques.
Ni la règle de petite possession, ni l’étiquette à faible teneur en THC ne constituent une autorisation universelle de cultiver, vendre, importer ou consommer un produit. Le but et l’activité ainsi que la composition sont également déterminants.
Le cannabis médical est-il légal en Suisse ?
Oui. Depuis le 1 août 2022, les médecins peuvent prescrire des médicaments à base de cannabis sans licence exceptionnelle individuelle du FOPH. Le traitement peut inclure des préparations fabriquées en pharmacie. Cette modification a supprimé une étape d’autorisation fédérale ; elle n’a pas transformé le cannabis médical en produit en vente libre ni créé un droit de culture à domicile pour les patients.
Les orientations médicales du FOPH décrivent l’usage pour des symptômes tels que la douleur chronique, la spasticité et les nausées ou la perte d’appétit liées à la chimiothérapie. Les décisions de traitement relèvent du prescripteur. La disponibilité légale ne signifie pas que le cannabis convient ou est efficace pour chaque patient.
L’assurance maladie obligatoire rembourse généralement ces traitements uniquement dans des cas exceptionnels. Les patients doivent vérifier la prise en charge avant de remplir une prescription. Les médecins déclarent les données de traitement pendant les deux premières années, dans le cadre d’un programme de collecte limité jusqu’en 2029.
La culture commerciale, la fabrication et le commerce à des fins médicales relèvent du système d’autorisation et de contrôle de Swissmedic. L’approvisionnement médical et les essais scientifiques non médicaux sont des voies réglementaires distinctes.
Le cannabis récréatif est-il légal en Suisse ?
Non. Le cannabis récréatif contenant 1 % de THC ou plus est illégal en Suisse pour le grand public. Sa culture, son importation, sa production et sa vente sont interdites, et le seul endroit où les adultes peuvent acheter légalement du cannabis réglementé à des fins non médicales est au sein d’un essai pilote scientifique autorisé. L’OFSP indique clairement que, en dehors de ces essais, l’interdiction du cannabis reste pleinement en vigueur.
Ce qui distingue la Suisse, c’est qu’elle a choisi de tester l’accès réglementé par le biais d’expériences contrôlées plutôt que de laisser la question au marché illicite. Ces essais, décrits plus en détail ci‑dessous, sont conçus pour fournir des données solides pour le projet de loi national de légalisation qui progresse actuellement au parlement.
Quelles sont les sanctions liées au cannabis en Suisse ?
Les orientations sanitaires fédérales distinguent possession et consommation : la possession de jusqu’à 10 g pour usage personnel n’est pas punissable, tandis que la consommation d’un adulte peut entraîner une amende forfaitaire de 100 CHF. Le droit pénal des mineurs s’applique aux jeunes. Il est trompeur d’affirmer que toute personne surprise avec une petite quantité doit 100 CHF.
En dehors de la procédure simplifiée, les circonstances comptent. Le comportement d’usage personnel est distingué de la distribution non autorisée en vertu de la Loi sur les stupéfiants. Une quantité supérieure à 10 g ne constitue pas, à elle seule, une preuve de trafic. Le commerce ou la production non autorisés peuvent entraîner une peine d’emprisonnement ou une amende, et les infractions aggravées sont sanctionnées plus sévèrement.
La règle de possession non punissable n’établit pas de source de vente au détail légale ni n’autorise la conduite après consommation de cannabis. Les patients doivent discuter de leur aptitude à conduire avec leur médecin ; le fait qu’un produit soit obtenu légalement ne signifie pas qu’il est sûr à consommer avant de prendre le volant.
Le CBD est-il légal en Suisse ?
Certains produits à base de CBD peuvent être vendus légalement, mais le fait d’être inférieur à 1 % de THC total n’est qu’un critère de la loi sur les stupéfiants. Les règles relatives aux aliments, aux médicaments, aux cosmétiques et aux produits de fumage s’appliquent toujours. Une bouteille d’huile de CBD n’est pas automatiquement légale simplement parce que sa teneur en THC est faible.
L’Office fédéral de la sécurité des aliments et de la santé vétérinaire classe les cannabinoïdes et les extraits de chanvre contenant des cannabinoïdes comme des nouveaux aliments nécessitant l’autorisation suisse correspondante ou l’approbation de la Commission européenne avant leur commercialisation en tant qu’aliment. Les graines de chanvre ordinaires, l’huile de graines et la farine de graines ont une histoire d’utilisation alimentaire différente ; elles ne doivent pas être assimilées aux extraits de CBD. Des limites de THC spécifiques aux aliments s’appliquent également.
L’orientation réglementaire conjointe explique que les produits à base de plantes à faible teneur en THC destinés au tabagisme et les cigarettes électroniques au CBD relèvent de la législation sur les produits du tabac. Les notifications de produit, l’étiquetage et d’autres exigences restent d’actualité. Les produits présentés comme traitements doivent respecter les règles applicables aux produits thérapeutiques.
Le chanvre est-il légal en Suisse ?
Le chanvre à faible teneur en THC, en dessous du seuil des stupéfiants, peut être cultivé, mais l’usage prévu et le produit fini déterminent toujours quelles autres règles s’appliquent. Le fait qu’une récolte soit hors du contrôle des stupéfiants n’autorise pas chaque aliment, cosmétique ou produit médicinal qui en découle.
Le seuil suisse n’est pas une autorisation transfrontalière. Un produit acheté légalement là‑bas peut être restreint dans un pays voisin. Les seuils de chanvre agricole de l’UE ne doivent pas non plus être confondus avec une règle européenne unique pour la fleur de vente au détail, les huiles de CBD ou les aliments.
Essais pilotes de cannabis récréatif en Suisse
Le cadre des essais pilotes est entré en vigueur le 15 mai 2021 et dure dix ans. Un essai individuel est généralement limité à cinq ans, avec une possible prolongation unique pouvant aller jusqu’à deux ans. L’autorité fédérale approuve les essais ; les projets eux‑mêmes sont menés par des organisations publiques ou privées en collaboration avec des instituts de recherche.
Les participants doivent être des adultes déjà consommateurs de cannabis, répondre aux critères de résidence et de santé, et consentir à la recherche. Chaque étude peut imposer des exigences d’éligibilité supplémentaires. Les produits sont destinés à l’usage personnel du participant, pas à la revente ou au partage. Il ne s’agit pas de dispensaires touristiques.
La vue d’ensemble officielle répertorie huit projets autorisés :
- WeedCare : Bâle-Ville, test de la distribution en pharmacie.
- Züri Can : la ville de Zurich, comparaison des pharmacies, des clubs sociaux et d’autres points de distribution.
- SCRIPT : Berne, Bienne et Lucerne.
- Cann-L : Lausanne.
- La Cannabinothèque : Vernier.
- Grashaus Projects : Liestal et Allschwil.
- Cannabis Research Zürich : une étude distincte au niveau cantonal.
- CanLeg : Saint‑Gall, incluant la recherche sur la commande en ligne et la livraison.
Züri Can ne doit pas être qualifié de plus grand essai de Suisse : son inscription fédérale prévoit un échantillon de 3 000, tandis que inscription de CanLeg prévoit 5 000 et une durée prévue de mai 2026 à mai 2031. Il s’agit de tailles d’étude prévues, pas de totaux d’inscriptions actuels vérifiés. Le modèle de livraison de CanLeg n’autorise pas la commande de cannabis par courrier à l’échelle nationale.
Que montrent les résultats préliminaires des essais ?
L’évaluation globale publiée en janvier 2026 couvre les résultats jusqu’en juillet 2025 provenant de sept essais, impliquant environ 10 500 participants. Elle ne décrit donc pas les résultats des huit projets actuellement répertoriés.
L’OFSP signale une bonne acceptation de l’accès réglementé, aucune hausse observée de la consommation et des signes d’orientation vers des produits à moindre risque. Il s’agit de résultats préliminaires encourageants chez certains usagers existants. Ils ne prouvent pas que le cannabis est inoffensif, ne résolvent pas les effets sanitaires à long terme et n’indiquent pas ce que l’accès sans restriction entraînerait pour l’ensemble de la population. Les essais se poursuivent, une analyse supplémentaire étant attendue.
La Suisse légaliserait-elle pleinement le cannabis ?
Un projet de loi national sur les produits du cannabis reste une proposition. La consultation ouverte en août 2025 s’est clôturée en décembre. La proposition prévoyait un accès adulte strictement contrôlé, un approvisionnement sous licence, des restrictions publicitaires et une orientation santé publique. Ces propositions ne constituent pas des autorisations d’achat ou de culture à domicile actuellement.
Dans son compte rendu du 8 mai 2026 du travail législatif, le comité de santé du Conseil national a indiqué qu’il poursuivrait l’élaboration de la proposition et avait chargé sa sous‑commission de révisions. Les réponses étaient partagées, avec des inquiétudes concernant la protection des jeunes, les charges de mise en œuvre et la vente en ligne. Le comité a rejeté la suspension des travaux jusqu’à la fin de toutes les évaluations pilotes.
Le délai de préparation de la législation a été prolongé jusqu’à la session d’automne 2027. Il s’agit d’une échéance parlementaire, et non d’une date à laquelle la vente au détail deviendra légale. D’autres décisions parlementaires, la mise en œuvre et tout éventuel processus référendaire restent des étapes distinctes. Aucun calendrier national d’ouverture du marché n’a été adopté.
Les touristes peuvent-ils acheter ou consommer du cannabis en Suisse ?
Les touristes ne peuvent pas utiliser les essais de recherche comme des boutiques de loisir. L’éligibilité nécessite la résidence et une inscription officielle, ainsi que les autres conditions propres à chaque étude. La disponibilité au détail de produits à faible teneur en THC ne signifie pas que chaque produit en rayon respecte les règles.
Ne supposez pas que les dispositions suisses en matière de possession ou une prescription seront reconnues à l’étranger. Vérifiez les exigences du pays de destination et du pays de transit avant de transporter un médicament à base de cannabis ou un produit à base de CBD à travers une frontière. Pour un contexte plus large, consultez nos guides sur les marchés européens du cannabis et le tourisme du cannabis.
Quelles règles importent concrètement ?
Les questions essentielles sont de savoir si le produit est contrôlé, si l’activité est autorisée et quelles règles spécifiques au produit s’appliquent. La prescription médicale, les produits de détail à faible teneur en THC et les essais de recherche non médicaux constituent des systèmes distincts. Un projet de loi national ne les fusionne pas et ne crée pas aujourd’hui un accès récréatif général.












