Règlementation

Les magasins de cannabis légal augmentent-ils la criminalité à proximité ?

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Lorsque qu’un magasin de cannabis ouvre, les inquiétudes du quartier apparaissent souvent avant l’arrivée de ses premiers clients. Les résidents peuvent craindre le vol, l’intoxication, ou que la rue commerçante, autrefois paisible, devienne moins sûre. Ce sont des questions compréhensibles, mais y répondre nécessite plus que de comparer les totaux de criminalité avant et après l’apparition du magasin.

Une étude canadienne publiée dans l’International Journal of Drug Policy propose une réponse mesurée. Dans « Crime levels near federally legal cannabis stores in two Canadian cities », le chercheur Michael J. Armstrong n’a trouvé aucune association statistiquement significative entre l’ouverture de magasins autorisés et la criminalité à proximité à Toronto et à Ottawa.1

Ce résultat n’établit pas que chaque détaillant de cannabis soit inoffensif dans tous les contextes. Il suggère toutefois que les municipalités devraient examiner des preuves spécifiques avant de supposer que les magasins légaux créent des problèmes de criminalité dans le quartier. Plus généralement, il montre pourquoi l’évaluation de la légalisation nécessite de distinguer ce qui s’est produit après une modification de la politique de ce qui en est la conséquence.

Ce que l’étude canadienne sur les magasins de cannabis a examiné

La recherche a porté sur huit premiers magasins de cannabis autorisés : cinq à Toronto et trois à Ottawa. Les quartiers environnants ont été observés de janvier 2018 à février 2020, offrant 15 mois avant avril 2019 et 11 mois après. La plupart des magasins ont ouvert en avril, bien que deux sites de Toronto aient suivi en mai et juin.

Les chercheurs ont examiné les agressions, les vols de voitures, les vols de vélos, les cambriolages et les vols supérieurs à 5 000 $. Il s’agissait des cinq catégories de crimes disponibles dans les jeux de données publiés des deux villes. Au total, la police a enregistré 31 095 incidents dans un rayon de trois kilomètres des magasins pendant la période d’étude.

À l’aide d’un logiciel d’information géographique, Armstrong a divisé les zones environnantes en quatre bandes de distance à pied. L’analyse a comparé les variations proches des magasins à celles plus éloignées, tout en tenant compte des tendances criminelles existantes et des conditions météorologiques.

Caractéristique de l’étude Détails
Emplacements Cinq magasins à Toronto et trois à Ottawa
Période d’observation Janvier 2018 à février 2020
Catégories de crimes Agression et quatre catégories de crimes contre les biens
Bandes de distance 0–400, 400–1 000, 1 000–2 000 et 2 000–3 000 mètres
Incidents totaux 31 095 crimes signalés par la police
Principale constatation Aucune association significative entre l’ouverture des magasins et les niveaux de criminalité

La loterie initiale de licences de l’Ontario a partiellement randomisé les emplacements des magasins, renforçant ainsi la conception de la recherche. Cependant, les candidats avaient déjà choisi leurs emplacements proposés, ce qui n’a pas constitué une expérience entièrement randomisée assignant les magasins de cannabis à des quartiers autrement identiques.

Pourquoi la hausse de la criminalité n’a pas impliqué les magasins de cannabis

Les chiffres bruts auraient facilement pu générer un titre alarmant. Au cours des périodes de comparaison de 11 mois appariées, la criminalité était 10,1 % plus élevée à Toronto et 5,9 % plus élevée à Ottawa après le démarrage des ouvertures de magasins.

Cependant, ces augmentations n’ont pas montré d’association significative avec la proximité des détaillants de cannabis. Au contraire, l’analyse a identifié le temps plus chaud et les tendances préexistantes comme facteurs pertinents. Toronto affichait déjà une tendance à la hausse de la criminalité statistiquement significative avant l’ouverture des magasins.

Le climat était particulièrement important. Les degrés‑jours de chauffage, une mesure reflétant la rigueur du froid, représentaient environ 54 % de la variation du modèle. La criminalité avait tendance à augmenter pendant les périodes plus chaudes et à diminuer pendant les périodes plus froides.

La leçon pratique s’étend au-delà du cannabis. Imaginez l’ouverture d’un magasin alors que la criminalité augmente dans la ville environnante. Une hausse locale ne peut pas être automatiquement attribuée à cette entreprise. La question la plus pertinente est de savoir si son environnement immédiat a évolué différemment des zones de comparaison après prise en compte des autres influences.

Ici, ni le changement immédiat estimé ni la variation de tendance subséquente à proximité des magasins n’étaient statistiquement significatifs. Des analyses alternatives n’ont également pas détecté de changements significatifs liés à l’ouverture.

L’expansion du commerce légal ne signifie pas nécessairement une consommation accrue

Une explication proposée dans l’article est que les premiers magasins autorisés attiraient principalement des personnes qui consommaient déjà du cannabis. Les clients ont peut‑être changé de fournisseurs, passant de dealers illicites ou de dispensaires non autorisés à des détaillants réglementés, sans modifier substantiellement leur consommation.

Ce mécanisme n’a pas été testé directement, mais il aide à expliquer pourquoi l’ouverture de magasins peut générer des ventes légales importantes sans un changement correspondant de la criminalité dans le quartier.

La distinction reste pertinente à mesure que le marché de détail du Canada mûrit. La couverture de MyCannabis des ouvertures de nouveaux magasins de cannabis au Canada illustre une expansion continue du commerce de détail. Cependant, l’ajout de points de vente ne révèle pas si les clients sont de nouveaux consommateurs, des consommateurs existants changeant de fournisseur, ou des acheteurs se déplaçant entre concurrents agréés.

Le reportage distinct de MyCannabis sur la demande de cannabis après la légalisation renforce l’importance de distinguer l’accès, la motivation d’achat et la fréquence de consommation. Ces mesures peuvent suivre des trajectoires différentes. Une activité de détail plus visible ne doit pas être considérée comme la preuve d’une intoxication ou d’un comportement criminel accrus.

Santé Canada, dans son Canadian Cannabis Survey 2024, fournit un contexte plus large : 72 % des répondants qui consommaient du cannabis ont déclaré s’en procurer habituellement auprès d’une source légale, contre 37 % en 2019. Cette évolution soutient la plausibilité d’une substitution des fournisseurs, bien qu’elle ne puisse expliquer les tendances criminelles autour de ces magasins spécifiques.

Ce que les municipalités peuvent apprendre sur la politique de vente de cannabis

La principale implication politique est que les restrictions doivent correspondre au problème qu’elles visent à résoudre. Si une municipalité s’oppose aux détaillants de cannabis en raison d’une criminalité anticipée, elle doit examiner les preuves concernant la criminalité plutôt que de traiter le malaise vis‑à‑vis du cannabis comme une mesure équivalente.

Cela n’élimine pas le besoin de surveillance. Cela rend la surveillance plus précise. Le trafic, les déchets, la consommation publique, l’accès des jeunes et les incidents criminels sont des résultats différents nécessitant des informations et des réponses distinctes.

Mesurer les résultats spécifiques du quartier

Une évaluation locale pratique pourrait suivre :

  • Les changements dans les catégories de crimes définies près des magasins et des zones de comparaison.
  • Les plaintes documentées concernant la consommation publique, le trafic ou les nuisances.
  • La conformité du commerce de détail et l’accès aux canaux d’achat autorisés.

Cette approche donne aux résidents une base plus claire pour exprimer leurs préoccupations et aux entreprises une compréhension plus nette des attentes. Un problème de stationnement peut être résolu par la gestion du stationnement. Un manquement à la conformité peut être examiné par le régulateur compétent. Aucun de ces éléments n’établit automatiquement que le commerce légal augmente la criminalité dans le quartier.

Il existe également un précédent plus large pour revoir les règles du cannabis à mesure que l’expérience s’accumule. Les modifications de la réglementation du cannabis en 2025 de Santé Canada ont ajusté les exigences dans des domaines tels que les licences et l’emballage. Les règles fédérales de production diffèrent des décisions municipales de vente au détail, mais les deux bénéficient d’un examen de la pertinence d’une exigence par rapport à son objectif prévu.

Pourquoi ces résultats ne peuvent pas répondre à toutes les questions de sécurité

Les limites de l’étude sont importantes. Huit magasins représentent un petit échantillon, et 11 mois d’exploitation ne peuvent établir des effets à long terme. Mettre fin à l’analyse en février 2020 a évité les perturbations liées à la pandémie, mais a également exclu le réseau de détail beaucoup plus vaste qui s’est développé par la suite.

L’incertitude statistique était importante. Par exemple, le changement immédiat estimé spécifique aux zones proches avait un intervalle de confiance s’étendant à environ ± 14 points de pourcentage. Un résultat non significatif ne prouve donc pas que l’effet réel était exactement nul.

La recherche a également examiné les incidents signalés par la police plutôt que chaque crime commis, et elle n’a pas mesuré toutes les préoccupations communautaires. Ses conclusions ne peuvent pas résoudre les questions relatives à la conduite sous l’influence, aux urgences sanitaires ou à la consommation publique.

La géographie crée une autre limite. Le centre‑ville de Toronto et d’Ottawa diffèrent des petites communautés avec moins d’entreprises et des schémas de déplacement différents. La couverture de MyCannabis du commerce de détail du cannabis dans les petites villes offre un contexte utile pour ces différences. Les résultats urbains devraient éclairer les discussions rurales, tout en laissant place à des preuves locales.

Une meilleure façon d’évaluer la sécurité des magasins de cannabis

Le résultat encourageant est que les premiers magasins agréés n’ont pas entraîné d’augmentation détectable de la criminalité dans cette analyse. Cela fournit des bases pour remettre en question les prévisions d’un préjudice inévitable pour le quartier, tout en préservant la nécessité de surveiller les résultats à mesure que les marchés évoluent.

Pour les détaillants, l’opportunité est d’associer les preuves à des opérations responsables et à des relations communautaires constructives. Pour les municipalités, il s’agit d’établir des attentes mesurables et de répondre proportionnellement lorsque des problèmes surviennent.

Les recherches futures devraient examiner davantage de magasins sur des périodes plus longues et distinguer les types de quartiers. D’ici là, cet article soutient une conclusion prudente : la criminalité a augmenté pendant la période d’observation, mais l’analyse n’a pas relié cette hausse à l’ouverture de magasins de cannabis agréés.

Les débats sur la légalisation deviennent plus productifs lorsqu’ils interrogent quels résultats ont changé, où ils ont changé et ce qui pourrait les expliquer. Ce changement permet aux communautés de protéger la sécurité publique tout en offrant aux entreprises réglementées une évaluation équitable basée sur les résultats observés.

Références :

1 Armstrong, M. J. (2026). Niveaux de criminalité à proximité des magasins de cannabis légal au niveau fédéral dans deux villes canadiennes. International Journal of Drug Policy, 157, Article 105529. https://doi.org/10.1016/j.drugpo.2026.105529

Patricia est une personne amoureuse de la danse, folle des animaux, avec une passion pour faire connaître les avantages incroyables du CBD. Lorsqu'elle n'est pas occupée à danser sur ses airs préférés, vous pouvez la trouver en train de rechercher toutes les façons dont le CBD peut améliorer notre vie.