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Choix d’un produit de cannabis en fonction de sa puissance ? Méfiez-vous de la fausse représentation

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Avec l’essor des marchés de cannabis légaux, les clients s’appuient fortement sur les étiquettes de produits pour comprendre la puissance et les effets potentiels de ce qu’ils consomment, en particulier en ce qui concerne la teneur en tétrahydrocannabinol (THC) et en cannabidiol (CBD). Cependant, une étude récente publiée dans JAMA Network Open intitulée Exactitude des étiquettes des produits d’huile de cannabis orale légaux en Ontario, Canada a révélé un problème troublant : de nombreux produits de cannabis sur le marché ne correspondent pas à leurs allégations de puissance étiquetées. Cette discrepancy pose des risques pour les utilisateurs médicaux et récréatifs qui dépendent d’une étiquetage précis pour une consommation sûre et efficace.

Pourquoi l’étiquetage précis est-il crucial dans l’industrie du cannabis ?

La puissance d’un produit de cannabis – en particulier la concentration de THC et de CBD – influence directement ses effets. Les patients médicaux, par exemple, dépendent de doses précises pour gérer efficacement les symptômes, tandis que les utilisateurs récréatifs veulent adapter leur consommation pour atteindre les effets souhaités sans excès. Dans le cas du THC, les deux consommateurs peuvent faire face à une euphorie inconfortable avec une étiquetage inexacte.

L’étude a révélé un problème important de fausse représentation de la puissance : sur 30 produits testés, 40 % des produits testés avaient des niveaux de THC en dehors de la limite de variabilité autorisée de 15 % par le gouvernement fédéral, et 10 % étaient en dehors de la limite pour la teneur en CBD. Cela signifie qu’une partie importante des produits contiennent soit plus, soit moins de composés actifs que ce que suggèrent leurs étiquettes.

Par exemple, l’étude a mis en évidence un produit étiqueté comme contenant 5 mg/g de CBD, mais qui a été trouvé à contenir 26 mg/g après des tests de laboratoire. De plus, 7 des 16 produits de THC qui contenaient 2,5 mg de THC ou plus contenaient des quantités inférieures de cannabinoïde de plus de 15 %. Une étiquetage incorrecte comme celle-ci peut rendre difficile pour les patients de déterminer combien de produit ils devraient prendre, ce qui peut entraîner des doses inutiles. Étant donné que de nombreux patients dépendent du cannabis pour des affections critiques telles que l’épilepsie, il est crucial que les produits aient des étiquettes précises pour une posologie constante.

Comment est-ce possible dans un marché réglementé ?

Avec des réglementations strictes d’étiquetage en place depuis la légalisation en 2018 du cannabis récréatif au Canada, beaucoup se demandent comment les inexactitudes de puissance persistent dans le marché de cannabis légal. Après tout, les marchés légaux devraient garantir le contrôle de la qualité, n’est-ce pas ?

L’étude suggère le contraire. Sur les 30 produits testés en Ontario, près de la moitié des articles à puissance plus élevée avaient des niveaux de THC plus de 15 % inférieurs à ceux annoncés. De plus, 33,3 % des produits présentaient des discrepancies entre leurs descriptions de produits en ligne et leurs étiquettes physiques. Même plus inquiétant, 16,7 % des produits présentaient des informations contradictoires dans leurs propres étiquettes – où les concentrations de cannabinoïdes actifs et totaux ne correspondaient pas comme elles le devraient.

Ces inexactitudes persistent en partie en raison de lacunes dans l’application des réglementations. Les réglementations peuvent établir des normes, mais sans tests et application rigoureux, ces normes peuvent être facilement manquées. Alors que les réglementations fédérales établissent des normes claires, la complexité des processus de production et le manque de surveillance stricte à divers stades peuvent entraîner des discrepancies qui ne sont pas détectées jusqu’à ce que le produit atteigne le consommateur. Cela met en évidence un défaut crucial dans les systèmes de contrôle de la qualité de l’industrie.

Pourquoi la fausse représentation est-elle dangereuse

Pour les consommateurs – en particulier les utilisateurs médicaux – la fausse représentation de la puissance peut entraîner des conséquences graves. Les patients médicaux peuvent surdosera ou sous-dosera leur médicament, ce qui peut entraîner un traitement inefficace ou une exacerbation des symptômes. Par exemple, si un produit contient beaucoup moins de THC que ce qui est indiqué, les patients peuvent ne pas éprouver le soulagement de la douleur ou le contrôle des symptômes qu’ils attendaient.

Les utilisateurs récréatifs sont également à risque. Même si l’étude n’a trouvé aucun cas d’huile de cannabis contenant plus de THC que ce qui est indiqué à des niveaux qui pourraient causer des effets psychoactifs nocifs, la sous-dosage peut toujours entraîner des conséquences. Par exemple, les utilisateurs qui s’attendent à un certain niveau d’euphorie peuvent consommer plus pour compenser, ce qui augmente leurs chances de jugement altéré ou de surconsommation avec le temps.

Au-delà des risques pour la santé individuelle, le problème généralisé de fausse représentation de la puissance érode la confiance des consommateurs dans le marché de cannabis légal. Beaucoup se tournent vers des sources légales parce qu’ils croient que la surveillance réglementaire assure la sécurité et l’exactitude. Lorsque cette confiance est brisée, elle ne nuit pas seulement à la réputation des entreprises de cannabis légitimes, mais elle pousse également les consommateurs vers le marché illicite, où le contrôle de la qualité est encore moins fiable.

Le besoin d’une surveillance accrue

L’étude sur les produits d’huile de cannabis en Ontario sert de rappel pour les consommateurs et les parties prenantes de l’industrie. Même si les réglementations visent à assurer la sécurité et la cohérence des produits, la réalité est que de nombreux produits de cannabis ne répondent toujours pas aux attentes.

Comme le souligne l’étude, « un marché légal n’est pas une garantie d’étiquetage exact ». Il existe un besoin urgent de mise en application plus stricte des réglementations existantes, de tests de produits plus fréquents et de sanctions plus sévères pour les entreprises qui ne respectent pas les normes d’étiquetage. L’exactitude de l’étiquetage est plus qu’une question réglementaire ; c’est une question de sécurité des consommateurs. Les consommateurs dépendent d’informations précises pour prendre des décisions éclairées concernant leur santé et leur bien-être. Assurer que ce qui est sur l’étiquette correspond à ce qui est dans le produit est fondamental pour protéger la santé publique.

Alors que l’industrie mûrit, elle doit se concentrer sur l’amélioration de l’exactitude des étiquettes de produits grâce à une surveillance plus stricte et à un contrôle de la qualité. En investissant dans de meilleures pratiques de test, en effectuant des inspections plus fréquentes et en mettant en œuvre des sanctions plus sévères pour les entreprises non conformes, l’industrie peut créer une nouvelle norme. Jusqu’alors, les consommateurs doivent être prudents et informés, en comprenant que ce qui est sur l’étiquette peut ne pas toujours refléter ce qui est dans le produit.

Sarah Schwefel est une journaliste, une analyste de recherche, une conférencière et une défenseure des patients. Après avoir déménagé pour accéder au cannabis pour sa propre santé, elle s'est immergée dans l'industrie du cannabis et du chanvre, déterminée à mieux s'aider elle-même et les autres patients. En 2020, elle est devenue certifiée en études de médecine endocannabinoïde de l'American Journal of Endocannabinoid Medicine. Sarah utilise son expertise pour éduquer et défendre à travers ses écrits sur divers sujets, notamment la législation et les avantages de la médecine végétale.