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Les Aliments et les Produits du Cannabis Légaux Augmentent-ils la Consommation de Cannabis chez les Adolescents au Canada ? C’est Compliqué

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Alors que le Canada continue d’affiner son approche de la réglementation du cannabis, les questions sur l’utilisation chez les adolescents restent centrales dans les discussions sur la santé publique. Avec la légalisation des aliments et des extraits à la fin de 2019, de nombreux parents, éducateurs et décideurs se sont demandé : Une plus grande accessibilité à ces produits a-t-elle un impact sur la façon dont les adolescents s’engagent dans le cannabis ?

Une nouvelle étude examinée par des pairs 1 publiée dans JAMA Network Open vise à éclairer cette question. Elle a constaté une augmentation mesurable de l’utilisation du cannabis chez les adolescents après la légalisation des aliments – en particulier dans les provinces où les formats « amis des jeunes » comme les chocolats et les gummies sont légaux. Mais les résultats n’existent pas en isolation. D’autres études majeures n’ont trouvé aucune augmentation de la consommation de cannabis chez les jeunes – et certaines suggèrent même des baisses. Alors, comment donner un sens à tout cela ? Explorons les données.

Principales conclusions de l’étude

L’étude de 2025 intitulée « La légalisation des aliments et extraits du cannabis amis des jeunes et l’utilisation du cannabis chez les adolescents, » a examiné les réponses aux enquêtes de plus de 106 000 étudiants canadiens en 7e à 11e année, recueillies à deux périodes : 2018-2019 (avant la légalisation des aliments) et 2021-2022 (après la légalisation). Les chercheurs ont utilisé un modèle de différences dans les différences pour comparer les provinces qui ont autorisé les aliments et les extraits au Québec, qui a mis en œuvre des règles plus strictes interdisant les chocolats, les bonbons, les desserts et les vapes au cannabis.

Voici les points clés :

  • L’utilisation du cannabis chez les adolescents a augmenté de 26 %.
  • L’utilisation des aliments a augmenté de 43 %.
  • La consommation de cannabis par inhalation a augmenté de 34 %.
  • La co-utilisation du cannabis et de l’alcool a augmenté de 28 %.
  • La perception du danger de l’utilisation du cannabis chez les jeunes a diminué.
  • La disponibilité par le biais de pairs, de membres de la famille ou du marché non réglementé continue d’être une source principale. La proportion de jeunes qui obtiennent du cannabis auprès d’amis ou de la famille a augmenté entre 2018 et 2021.

De plus, au Québec, où des règlements de produits restrictifs étaient en place, la consommation de cannabis et d’aliments chez les jeunes a diminué au cours de la même période – suggérant un lien possible entre la disponibilité des types de produits et le comportement des adolescents.

Ces résultats ont conduit les chercheurs à conclure que la légalisation des « aliments et extraits du cannabis amis des jeunes » était associée à des taux plus élevés d’utilisation chez les adolescents et à une réduction de la perception du risque.

Limitations de l’étude

Alors que l’étude soulève des préoccupations importantes, plusieurs limites tempèrent ses conclusions, notamment :

  • Données auto-déclarées : Les résultats reposent sur l’auto-déclaration des étudiants, qui peut être influencée par des biais de désirabilité – les étudiants peuvent sous-déclarer ou sur-déclarer leur utilisation.
  • Portée limitée de l’utilisation : Les enquêtes ne capturent que l’utilisation au cours de l’année précédente et non la fréquence ou l’intensité de la consommation. Cela limite les informations sur le fait que l’expérimentation occasionnelle ou l’utilisation régulière a changé.
  • Données limitées post-légalisation : Avec seulement un cycle complet d’enquête après la légalisation des aliments et des extraits, les effets à long terme restent incertains. Le comportement des jeunes peut continuer à évoluer avec le temps, car la vague pourrait être associée à la curiosité, à la nouveauté ou à une attention accrue des médias. Les tendances à long terme montrent souvent une stabilisation ou même une baisse, comme le montrent d’autres études.

Comment cela se compare-t-il à d’autres études ?

Alors que l’étude de JAMA Network Open soulève des préoccupations quant à l’augmentation de l’utilisation du cannabis chez les adolescents après la légalisation des aliments et des extraits, d’autres recherches offrent des perspectives contrastées. Par exemple, une étude de 2024 publiée dans JAMA Pediatrics – basée aux États-Unis – n’a trouvé aucune augmentation significative de l’utilisation du cannabis chez les adolescents après la légalisation, suggérant que des restrictions d’âge strictes et des campagnes de sensibilisation du public peuvent avoir atténué les hausses potentielles de la consommation de cannabis chez les jeunes. De même, une autre étude publiée dans Drug and Alcohol Dependence a indiqué que l’augmentation de la consommation de cannabis après la légalisation était principalement chez les adultes, et non chez les adolescents.

En ajoutant à ce paysage nuancé, une étude de cohorte longitudinale a examiné l’utilisation du cannabis chez les jeunes adultes à risque élevé en Ontario, au Canada. L’étude a suivi des personnes âgées de 19 à 23 ans sur une période de trois ans englobant les phases pré- et post-légalisation. Les résultats ont montré une diminution globale de la fréquence d’utilisation du cannabis et des conséquences associées chez les participants. Ceux qui étaient des utilisateurs fréquents avant la légalisation ont présenté des réductions significatives de l’utilisation et des dommages associés, s’alignant sur la tendance naturelle de « vieillir » souvent observée dans l’utilisation de substances. Ces résultats suggèrent que la légalisation n’a pas entraîné une augmentation généralisée de la consommation de cannabis chez les jeunes adultes à risque élevé. Si il n’y a pas d’augmentation chez ces participants, cela soulève la question de savoir pourquoi la simple légalité augmenterait la consommation chez les adolescents ?

Pris ensemble, ces résultats variés mettent en évidence l’importance d’examiner les environnements réglementaires locaux et les facteurs démographiques au sein des populations étudiées. Les différences d’accès, de types de produits, d’application de l’âge, de messages publics et de contexte socio-économique peuvent toutes façonner l’engagement des jeunes dans le cannabis après la légalisation. Sans tenir compte de ces variables régionales et sociales, il est difficile de tirer des conclusions générales sur l’impact réel de la légalisation sur les adolescents.

En outre, les études démontrent que la légalité des aliments n’est pas la seule raison pour laquelle les adolescents utilisent le cannabis, soulignant que l’éducation complète, les restrictions d’âge efficaces et les messages de santé publique peuvent mieux aider à réduire la consommation de cannabis chez les jeunes.

Pensées finales : L’image plus large – Accès, éducation et droits des patients

Alors que l’étude de JAMA Network Open soulève des préoccupations valables quant à l’utilisation du cannabis chez les adolescents et à l’attrait de certains formats de produits, il est important de se rappeler que ces produits n’ont pas été conçus pour les jeunes, malgré le fait qu’ils soient étiquetés « amis des jeunes » – ils ont été créés pour les patients et les consommateurs adultes qui nécessitent des options sans fumée, contrôlées en dose et accessibles.

Interdire certains produits du cannabis, tels que les aliments, n’arrêtera pas nécessairement l’utilisation chez les mineurs, ce qui a été prouvé au Québec, où les adolescents continuent d’accéder aux aliments malgré leur illégalité. Les personnes âgées de moins de 21 ans ne peuvent acheter aucun produit du cannabis légalement dans d’autres régions et utilisent le marché illicite, où les produits sont non réglementés et potentiellement plus nocifs.

De plus, restreindre ces produits pourrait avoir des conséquences involontaires pour les patients médicaux, nuisant à ceux qui en dépendent pour leur qualité de vie. Les patients médicaux – y compris ceux souffrant de douleur chronique, de troubles épileptiques et de troubles gastro-intestinaux – dépendent d’une grande variété de formats de cannabis pour soulager leurs symptômes.

Au lieu de cela, la voie à suivre doit être fondée sur l’éducation, et non sur la prohibition. Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas un retour aux approches basées sur la peur ou aux interdictions générales. Nous avons besoin :

  • Un accès restreint pour les jeunes, et non pour les produits : Protéger les jeunes grâce à des pratiques de vente responsables et à une limitation d’âge efficace, et non en limitant les types de produits.
  • Une éducation complète : Équiper les adolescents d’informations factuelles et non jugementales sur les dangers du cannabis, en particulier en ce qui concerne une utilisation précoce et fréquente. L’éducation basée sur des preuves doit être prioritaire dans les écoles et les messages publics.
  • Des outils de réduction des risques : Offrir des stratégies réelles pour gérer la pression des pairs et comprendre les risques de co-utilisation avec l’alcool. La communication peut habiliter les adolescents à prendre des décisions éclairées.

La légalisation est plus que simplement permettre l’utilisation du cannabis – c’est construire un environnement sûr, bien réglementé et éclairé pour tous. Le cannabis reste un paysage en évolution rapide, et la recherche ne fera que continuer à grandir. Alors que nous naviguons dans ses impacts, les décisions doivent être guidées par la collecte de données et la prise en compte des facteurs qui contribuent à l’utilisation du cannabis chez les adolescents et des méthodes pour les combattre. L’éducation se démarque comme l’outil le plus efficace et le plus durable pour protéger les jeunes tout en respectant les besoins des patients et des consommateurs adultes responsables.

Études référencées :

1. Mital S, Nguyen HV. La légalisation des aliments et extraits du cannabis amis des jeunes et l’utilisation du cannabis chez les adolescents. JAMA Netw Open. 2025;8(4):e255819. doi:10.1001/jamanetworkopen.2025.5819

Sarah Schwefel est une journaliste, une analyste de recherche, une conférencière et une défenseure des patients. Après avoir déménagé pour accéder au cannabis pour sa propre santé, elle s'est immergée dans l'industrie du cannabis et du chanvre, déterminée à mieux s'aider elle-même et les autres patients. En 2020, elle est devenue certifiée en études de médecine endocannabinoïde de l'American Journal of Endocannabinoid Medicine. Sarah utilise son expertise pour éduquer et défendre à travers ses écrits sur divers sujets, notamment la législation et les avantages de la médecine végétale.