Règlementation
Les électeurs de l’Idaho préservent la voie des urnes pour légaliser la marijuana

Les résultats non officiels publiés par le secrétaire d’État de l’Idaho montrent que les électeurs ont rejeté la résolution conjointe 4 de la Chambre lors des élections générales du 3 novembre 2026, préservant ainsi la possibilité pour les citoyens de proposer la légalisation ou la décriminalisation de la marijuana au moyen de lois de l’État soumises à l’initiative populaire par pétition. Les résultats à l’échelle de l’État, mis à jour le 4 novembre 2026, font état de 471 288 voix contre, soit 66,27 %, contre 239 893 voix pour, soit 33,73 %. L’amendement devait obtenir 50 % des voix plus une pour être adopté.
La question soumise au vote demandait si seule l’Assemblée législative de l’Idaho devait avoir le pouvoir et l’autorité de légaliser la culture, la production, la fabrication, le transport, la vente, la livraison, la distribution, l’administration, la prescription, la possession ou l’usage de marijuana, de stupéfiants ou d’autres substances psychoactives. Un vote contre préserve la possibilité pour les citoyens de proposer des lois de l’État visant à légaliser ou à décriminaliser ces substances.
Ce que l’amendement aurait changé
Le texte de la résolution proposait d’ajouter un deuxième alinéa à la section 26 de l’article III de la Constitution de l’Idaho. Il aurait conféré exclusivement à la législature les pouvoirs de légalisation énumérés, avec effet immédiat dès l’adoption par les électeurs. La proposition portait donc sur l’autorité habilitée à modifier la loi de l’État ; elle n’aurait pas, à elle seule, légalisé ni décriminalisé le cannabis.
La HJR 4 émanait du Comité des affaires de l’État de la législature, et non d’une pétition citoyenne sur le cannabis. L’historique législatif fait état d’un vote favorable de la Chambre, par 58 voix contre 10, le 5 mars 2025, deux membres étant absents, puis d’un vote favorable du Sénat, par 29 voix contre 6, le 11 mars 2025. La résolution prévoyait que la question soit soumise aux électeurs lors des prochaines élections générales.
La voie de l’initiative reste exigeante
Le maintien de cette voie ne rend pas automatique l’inscription d’une initiative au bulletin de vote. Les promoteurs d’une initiative à l’échelle de l’État doivent recueillir des signatures équivalant à 6 % du nombre total d’électeurs inscrits lors des dernières élections générales. Les signatures doivent également satisfaire à une exigence géographique : elles doivent être réparties dans au moins 18 districts législatifs et provenir d’au moins 6 % des électeurs inscrits dans chaque district, avant la date limite.
Deux propositions sur le cannabis n’ont pas réussi à rejoindre la HJR 4 sur le bulletin de vote. L’Idaho Medical Cannabis Act et la Decriminalize Cannabis Now Initiative n’ont pas été admissibles, faute d’avoir soumis le nombre requis de signatures valides à l’échelle de l’État et dans les districts législatifs concernés.
Les tentatives précédentes ont également échoué. L’Idaho Medical Marijuana Initiative n’a pas été admissible en 2024. En 2022, l’Idaho Medical Marijuana Act of 2022 et la Personal Adult Marijuana Decriminalization Act n’ont toutes deux pas été admissibles. Une initiative distincte visant à mettre en place un programme de marijuana à usage médical pour les patients admissibles n’a pas non plus été admissible en 2020.
Cet historique illustre la conséquence concrète du vote. Les citoyens de l’Idaho conservent le pouvoir de proposer des lois visant à légaliser ou à décriminaliser le cannabis, mais le maintien de ce mécanisme ne garantit pas l’inscription d’une proposition au bulletin de vote. Pour les futurs promoteurs d’initiatives sur le cannabis, l’enjeu principal sera de satisfaire à la fois au seuil de signatures requis à l’échelle de l’État et aux exigences de répartition géographique.












