Règlementation
Un appel à une approche humanitaire de la politique des drogues : Note du professeur Jorge Paladine à la 67e Commission des stupéfiants de l’ONU
La 67e session de la Commission des stupéfiants (CND) convoquée par le Bureau des Nations Unies pour la drogue et la criminalité (UNODC) à Vienne du 14 au 22 mars 2024, a servi de plateforme cruciale pour aborder les complexités de la politique mondiale des drogues. Au cours des sessions, un événement parallèle important intitulé “Politique des drogues et droits de l’homme : la réglementation du cannabis comme mesure humanitaire” a suscité des conversations cruciales sur l’intersection de la réglementation des drogues et des principes humanitaires. Cet article met en lumière la contribution notable du professeur Jorge Paladines à ce débat. Paladines, membre du contrôle des drogues de l’ONU et éminent universitaire titulaire d’un baccalauréat en droit (Summa Cum Laude) de l’Université de Guayaquil ; d’une maîtrise en droit constitutionnel de l’Universidad Andina Simón Bolívar (UASB) ; et d’une maîtrise en sciences politiques de la Facultad Latinoamericana de Ciencias Sociales (FLACSO), a apporté des perspectives convaincantes sur la dichotomie entre les normes et les mesures dans la politique des drogues.
Paladines a commencé par revisiter l’héritage d’Ernst Fraenkel, un juriste juif, qui a subi des persécutions sous le régime oppressif de la dictature national-socialiste. Malgré les risques personnels immenses, le travail de Fraenkel a courageusement exposé les dangers inhérents à laisser des “mesures” administratives supplanter les normes juridiques établies. L’œuvre fondatrice de Fraenkel, “L’État dual”, a éclairci comment l’application de mesures administratives peut miner l’état de droit. Cela conduit finalement à la création de régimes arbitraires et autoritaires.
Dans le contexte de la réglementation du cannabis, Paladines met en évidence comment les mesures punitives éclipsent souvent les efforts pour établir des politiques des drogues équitables et humaines. Malgré la reconnaissance croissante de la nécessité d’une réduction des préjudices et d’approches fondées sur les droits de l’homme, les mesures punitives ancrées dans les conventions internationales sur les drogues continuent de perpétuer les injustices systémiques, en particulier parmi les communautés marginalisées.
Il a cité l’exemple du débat en cours en Allemagne sur la décriminalisation du cannabis. Dans ce cas, les progrès législatifs sont entravés par des cadres normatifs contradictoires et des mesures punitives ancrées dans le droit international des drogues.
Dans ses remarques finales, Paladines a exhorté la commission à donner la priorité aux normes humanitaires enracinées dans la présomption d’innocence et l’autonomie individuelle. Il a souligné la nécessité de transcender les mesures punitives et d’adopter une approche compassionnelle de la réglementation des drogues, centrée sur la réduction des préjudices et les droits de l’homme.
Alors que la 67e session de la CND s’est terminée, le plaidoyer de Paladines en faveur d’une réforme résonne comme un appel à l’action vital. En défiant les décideurs politiques à donner la priorité à la compassion plutôt qu’à la punition, Paladines plaide pour un changement de paradigme vers une politique des drogues équitable et humaine.












